Revue de l'art brut, des créations singulières, de l'art populaire et des expressions marginales ou bizarres. Art outsider, hors-normes, singulier…

La grotte de Berolle

Une petite architecture singulière dans la campagne vaudoise :

la grotte de Berolle

Cette construction a été réalisée en 1929 par Wielfried Besson (né en 1898), agriculteur à Berolle (Vaud, Suisse). L’histoire débute à son retour de Paris alors qu’il vient de visiter l’exposition coloniale. Très impressionné par les architectures qu’il y a découvert, Wielfried Besson se lance lui-même dans un projet, bien moins ambitieux mais tout aussi original, pour son jardin : une grotte abritant une sirène !

Il profite de ses allées et venues dans le Jura – où il apporte chaque dimanche des vivres à son père, en alpage d’été avec ses vaches – pour ramener les premières pierres de son futur édifice. Ces pierres du Jura, très typiques, ressemblent un peu à des éponges avec leurs multiples trous. La construction fait appel en outre à du bois, du béton et diverses pièces métalliques (de charrue ou autres) pour la consolidation.

La grotte comprend quelques figurines peintes, ainsi qu’un système de jet d’eau en son sommet et de fontaine sur le côté, qui sert de trop-plein. L’intérieur de la grotte abrite une sirène au long corps en ciment, munie de dents métalliques et de deux pieds courts à l’avant, taillés dans le bois. Malheureusement, le temps a détruit certaines pièces, principalement celles en bois qui ont toutes disparu, y compris un petit chalet perché sur la grotte.

La grotte est inaugurée dans les règles par Wilfried Besson, lors d’une fête paroissiale de village. Il profite de la curiosité suscitée dans le village par son édifice pour demander une rétribution symbolique aux visiteurs, rétribution qu’il reverse ensuite au curé.

Bien sûr, aujourd’hui ce petit édifice est bien abîmé, mais reste plein de fraîcheur. Véritable patrimoine familial avant d’être une curiosité, la grotte de Berolle a repris du service pour le mariage des petites-filles de son créateur : l’eau a de nouveau jailli de son sommet et de la fontaine. À quand la prochaine fois ? Reste encore un garçon à marier…

Flora BERNE
Gazogène n°28

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