Revue de l'art brut, des créations singulières, de l'art populaire et des expressions marginales ou bizarres. Art outsider, hors-normes, singulier…

Aux va-nu-pieds de l’art

À la mémoire de mon Arrière-Grand-Père, Joseph Chapusot, savetier à Liesle-sur-Doubs.

Aux va-nu-pieds de l'artAux va-nu-pieds de l’art

Cette deuxième livraison de Gazogène va suivre un fil qu’on peut trouver à priori étrange, voire saugrenu : La CHAUSSURE sous toutes ses formes ! Outre sans doute de freudiennes raisons, j’avais depuis longtemps remarqué un fait curieux touchant le mouvement révolutionnaire français : on y trouve un nombre très important de savetiers, cordonniers, sabotiers et autres bottiers sans compter les bouifs, les gnafs et quelques Gnafrons…

Et, de QUOI S’AGIT- IL EXACTEMENT’?

Certes, le nom de Lehautier, « petit cordonnier inspiré » selon André Salmon dans La Terreur Noire, n’évoque hélas plus rien, pas plus que Liabeuf, autre ouvrier-cordonnier, qui, injustement accusé, se venge en tuant un policier et en en blessant sept autres à coup de tranchet. Comme il est condamné à mort, le soir de son exécution des échauffourées éclatent. Bientôt, c’est l’émeute. À l’aube, 30.000 personnes selon la presse de l’époque se battent encore contre la police ! Le nom de Jean Grave, lui aussi cordonnier, propagandiste de l’Anarchie, devenu typographe, est- il plus connu ?

Mais, ET LA CRÉATION DANS TOUT CELA ?

Si nous citons Jean Giono, Louis Guilloux ou Jean Guéhénno, je peux supposer que mes lecteurs vont commencer à entrevoir ce lien entre la chaussure et la création ! Dans Jean Le Bleu, Giono a magnifiquement évoqué son père, carbonaro italien, cordonnier à Manosque, Louis Guilloux le sien dans La Maison du Peuple, révolutionnaire obstiné et tranquille, tout comme celui de Jean Guéhénno…

Jean-François Maurice
Gazogène
n°02

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