Revue de l'art brut, des créations singulières, de l'art populaire et des expressions marginales ou bizarres. Art outsider, hors-normes, singulier…

Augustin Pelufo

Les Boîtes Brutes d’Augustin Pelufo

Mais revenons sur terre avec les « Boîtes Brutes » d’Augustin Pelufo.

J’AVAIS INDIQUÉ son adresse à mon ami Emmanuel Wat. Hélas, trop tard. La petite maison de la rue Mermoz était redevenue banale. Augustin Pelufo, quatre-vingt-dix ans lors de la parution du n°10 de Gazogène où un petit texte lui était consacré, avait quitté les lieux. Le Carnaval d’Argelès-sur-Mer y a perdu son plus inventif pilier. L’Art brut, populaire et naïf un de ses derniers représentants.

Ses boîtes étaient réalisées avec des cagettes « Spania » badigeonnées en marron, avec filets, arabesques et points en peinture or. Elles étaient définitivement closes une fois la scène intérieure achevée. Toutefois une petite ampoule électrique montée sur un culot de laiton était incluse dans la boîte (ne me demandez pas ce que l’on fait si l’ampoule grille). Un long fil permettait de se connecter à d’autres boîtes pour former série et illuminer ainsi les quatre coins d’une pièce !

CES BOÎTES présentaient des saynètes naïves… mais toujours à plusieurs niveaux de compréhension. Voici par exemple Cochonet. Il ressemble à première vue à son petit cousin de la Foire du trône, en pain d’épice. Seulement voilà : tout montre ensuite qu’il s’agit d’un fort… verrat, tandis qu’un couteau planté dans sa gorge en fait La Mort du Cochon… Une autre boîte montre un petit cheval galopant. Une étiquette indique : « J’FIN DU FOIN » tandis qu’une clef métallique se trouve accrochée à deux pitons… La clé des champs pensons-nous immédiatement et nous voici paradoxalement ( ?) faire la jonction entre l’art populaire, (et vraiment populaire car n’oublions pas qu’Augustin Pelufo c’était Monsieur Carnaval), l’art naïf… l’Art Brut et… le Surréalisme !

Jean-François Maurice
Gazogène n°19

Augustin Pelufo : Boîtes brutes

Augustin Pelufo : Boîtes brutes

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