Revue de l'art brut, des créations singulières, de l'art populaire et des expressions marginales ou bizarres. Art outsider, hors-normes, singulier…

Salut aux insoumis de l’art

Quoiqu’on puisse dire de Jean Dubuffet et de l’Art Brut, à partir d’eux, un grand vent a commencé à souffler. Grand vent salubre, corrosif et irrémédiable. Bien entendu, il a fallu des années pour que les conséquences en soient visibles. L’Académisme peut louvoyer en de grandioses expositions rétrospectives où l’intellectualisme le dispute au médiatique, le fait est là, un spectre hante l’art contemporain, un grand retour du refoulé, celui de la création anonyme, de l’art populaire et des autodidactes, des dédaignés, des méprisés, des sans grades… A tous ceux là, le mérite revient à Jean Dubuffet d’avoir donné un nom et donc rendu à la parole. L’absent de l’histoire pouvait enfin revenir sur scène. Non pas comme un figurant mais comme un acteur, et non des moindres !

Pas un art autre, mais l’autre de l’art

Car avec l’Art Brut, il ne s’agit pas de faire une petite place à un courant particulier de l’art, de ménager une petite case plus ou moins à part dans l’histoire de l’art, bref de récupérer un concept et avec lui d’autres créations marginales, l’art des fous et pour faire bonne mesure, celui des enfants et des primitifs. ça, les chiens de garde patentés es-police culturelle savent très bien le faire dans les manuels et autres histoires générale de l’art… Non !, comme l’a si bien dit Michel Thévoz, l’Art Brut ne revendique pas son petit territoire reconnu avec ses spécialistes cohabitant avec d’autres labels : Abstraction, Futurisme, Surréalisme, Nouveau réalisme, etc., etc. et tous les autres ismes que l’on voudra ! L’Art Brut n’a rien à voir avec les avant-gardes de l’art ni même avec la contre culture ou avec l’art des aliénés… L’Art Brut n’est pas un autre art ni un art autre, c’est l’autre de l’art.

C’est cet aspect absolument irréductible qui lui donne son aura difficilement traduisible au point qu’un jour Jean Dubuffet lui-même s’écrira, excédé : l’Art Brut, c’est ça et tant pis pour ceux qui ne veulent pas comprendre !

Je le répète, qu’on le veuille ou non, les créations qui se présentent à notre vue, c’est à Jean Dubuffet que nous les devons. Qu’il ne soit pas sorti du néant, nul n’en disconvient. On admettra bien volontiers que même s’il commence son activité de créateur à l’âge de quarante ans, il a fréquenté l’atelier de Léger ainsi que quelques surréalistes vingt ans auparavant. De cette période préhistorique datent cinq gravures sur bois réalisées en 1921 pour illustrer un poème de Roger Vitrac dans la revue Aventure dirigée par René Crevel.

Gravitant autour des marginaux du surréalisme, c’est Max Jacob qui semble le fasciner le plus et c’est l’écrivain suisse Paul Budry qui lui offrira – mais vers quelle date ? – l’ouvrage de Prinzhorn, Expressions de la folie, donné dès l’année de sa parution en 1922 à Paul Eluard par Max Ernst. Si les images de ce livre ont frappé Jean Dubuffet, il ne fut pas le seul, à commencer par Paul Klee. Mais, après-coup, les pseudo érudits sont friands de ces reconstructions gratuites.

Et il ne manquera pas de fouineurs curieux pour débusquer des influences et des précurseurs encore plus lointains à commencer par le Rimbaud d’Une saison en enfer : « J’aimais les peintures idiotes, dessus de portes, décors, toiles de saltimbanques, enseignes, enluminures populaires. » Mais surtout Chamfleury (Jules Fleury, 1821-1889) qui réhabilite l’art populaire, moins barbare écrit-il « que l’art médiocre de nos expositions, où une habileté de main universelle fait que deux mille tableaux semblent sortis du même moule. Telle maladresse artistique est plus rapprochée de l’œuvre des hommes de génie que ces compositions entre-deux, produits des écoles et des fausses traditions. » ( préface à l’Histoire de l’imagerie populaire, Paris, 1869).

Il n’empêche, lui le marchand de vin, il est bien placé pour donner le pompon à l’homme du commun. Car, disons le tout net, le tout venant des artistes officiels, c’est pas chez les petits commerçants qu’on le trouve ! Sur ce plan là, Jean Dubuffet est plus radical que Pierre Bourdieu ! Relisons les réjouissantes premières pages d’Asphyxiante culture et sa démolition de la notion culturelle du bon goût pour nous en convaincre : sociologiquement l’art est art de classe, art de bourgeois pour des bourgeois. Mais c’est aussi un art d’exclusion de l’homme ordinaire, un art qui, plus que le knout, fait plier le genou du béotien devant les icônes de tous les pouvoirs.

Que dans l’après guerre le champ artistique soit totalement occupé par le réalisme social, le misérabilisme, le néo-cubisme à la Picasso, l’abstraction ou le surréalisme plus ou moins édulcoré n’empêche pas cette évidence : l’art appartient aux dominants, aux vainqueurs, aux possédants dans l’ordre intellectuel, politique, économique. De tout cela, Jean Dubuffet et l’Art Brut feront table rase en prônant une subversion radicale de toutes les valeurs et ceux qui critiquent ces positions anti-culturelles feraient bien de ne pas l’oublier.

Certes, Jean Dubuffet mettra la barre très haute car l’Art Brut recouvre tous les domaines : sculptures, peintures, dessins mais aussi griffonnages, broderies, modelages présentant non seulement un caractère spontané et inventif en rupture avec l’art habituel, académique, mais encore exécutés par des personnes étrangères au monde des professionnels de la culture..

Le créateur brut tire tout de son propre fonds. « Nous y assistons à l’opération artistique toute pure, brute, réinventée dans l’entier de toutes ses phases par son auteur, à partir seulement de ses propres impulsions. De l’art donc où se manifeste la seule fonction de l’invention, et non celle, constantes dans l’art culturel, du caméléon et du singe. »

Singulière Neuve Invention

Cette position radicale est elle tenable ? Jean Dubuffet lui-même, avec la notion de Neuve Invention mettra un peu d’eau dans son vin : l’Art Brut doit être considéré comme un pôle. Les œuvres vraiment brutes sont rares et la plupart, même les plus marginales, sont souvent mêlées d’influences diverses. Elles sont plus ou moins, plutôt moins que beaucoup d’autres, tributaires des conditionnements culturels. Leurs créateurs s’ils ne procèdent pas de la « rupture mentale radicale des auteurs d’art brut proprement dits » selon l’heureuse expression de Michel Thévoz, sont cependant assez irrécupérables, en dehors du système institutionnel, pour le mettre en porte à faux.

On le voit, on le sait, mais il est bon de rappeler ces formulation pour répondre par avance au reproche d’éclectisme. Oui !, si Jean Dubuffet nous a appris quelque chose, c’est bien, sans nous soucier du qu’en-dira-t-on, d’affirmer hautement nos positions anti-culturelles et de prendre de divers côtés ce qui nous convient puisque telle est la définition de l’éclectique ! J’y ajoute pour faire bonne démesure devant les censeurs, l’hétéroclite qui n’est rien moins que ce qui s’écarte des règles ordinaires, ce qui est fait de pièces et de morceaux, qui présente un mélange d’éléments inattendus ! Vive aussi l’hétérodoxe : celui qui ne se conforme pas à l’opinion habituellement reçue dans un milieu donné ! Et le singulier par dessus le marché : ce qui est bizarre, extraordinaire ! Sans oublier nos singuliers pluriels et le pluriel des singuliers !

Tout cela ne signifie nullement pour moi noyer le poisson de l’Art Brut dans le bain sale des recyclages culturels. Mais, loin des formatages intellectuels, revendiquons pleinement nos amours, nos choix, notre regard à l’état brut. Comme Jean Dubuffet, méfions nous des concepts, des idées générales, des notions et du requin qui gravite en ses basses eaux : l’intellectuel. Assez de schémas préconçus, de graduation, d’échelle des valeurs. Affirmons le clairement : s’il n’y a pas de progrès en art, il n’y a pas non plus de hiérarchie, il n’y a pas de jugement péremptoire ni même de jugement de goût ou de canon de l’esthétique ! Ne reconstituons pas insidieusement ce que le grand air du large de l’Art Brut avait réussi à faire : s’envoler les Muses et démonétiser les musées ! En finir avec les poncifs du bon goût pour retrouver le frémissement de l’étrange ! Redonner à l’homme du commun une légitimité créatrice contre le savoir-faire des faiseurs académiques.

Irréductible Art Brut

J’entends souvent des interlocuteurs me dire : mais l’Art Brut est mort ! Nul aujourd’hui n’est indemne de culture ! J’avoue être fort surpris de ces remarques venant de la part de gens que je veux croire épris de liberté. Car quelles sont les conséquences de ces affirmations ? Tout simplement que personne ne peut s’extraire du conformisme, de l’idéologie, des conventions, des préjugés ! Bref qu’il ne peut exister aucun acte de liberté, de création, d’autonomie ! Alors, que ces messieurs de la critique radicale le disent, que ces joueur de tam-tam dont les cerveaux ne sont plus que des tambours médiatiques aillent jusqu’au bout de leur « résonnement » : affirmer la mort de l’Art Brut c’est croire que personne ne peut échapper au conditionnement culturel, à l’asservissement des goût et du désir, à la mise au pas des sensibilités, à son destin de consommateur d’images…

Autant dire que la création artistique est au service de tous les pouvoirs et que les artistes patentés n’en sont que les bouffons !

Mais en fait d’art, de quoi parlons nous ? De la beauté ? Mais qui dit que l’art doit être beau ? Déjà les surréalistes l’avait affirmé : la beauté sera convulsive ou ne sera pas ! Assez donc de la dictature de la beauté. Trop souvent on confond le beau et le plaisant. Mais aucun art authentique n’a été fait pour plaire. L’art singulier encore moins qu’un autre ! Sa fonction est essentiellement déstabilisatrice car ses auteurs ont tenté de tout créer de leur propre fonds : ils se mettent à l’œuvre sans se soucier des techniques, des pratiques admises, des matériaux conventionnels. Ce qu’ils ont sous la main leur convient très bien pour assouvir leur passion créatrice. Car là est la réalité : le créateur singulier est pris par une pulsion créatrice irrépressible : une feuille de rebut, un carton, un bout de crayon et le voilà lancé. Je vais même jusqu’à dire qu’il n’utilise pas son imagination ! C’est le pur geste qui l’anime, une pulsion graphique qui lui vient de très loin. Il entasse, il bourre. Il malaxe, il pétrit. Il entaille, il scarifie. Il brode, il coud, il tricote à l’infini. Et un nouveau monde prend forme, un monde où enfin il peut vivre.

Toutefois, qu’on ne s’y trompe pas, en écrivant le créateur, je veux aussi parler des créatrices ! Car c’est aussi une des spécificités de l’Art Brut et de l’art singulier : contrairement à l’art académique, les femmes sont nombreuses et même – c’est un jugement personnel – majoritaires ! Michel Thévoz l’avait déjà remarqué : dans l’art académique on constate une majorité d’hommes, de jeunes prodiges précoces, des gens issus, au pire, d’un bon milieu bourgeois, nourris aux muses dès leur enfance. Et puis, la saga continue : après une période de vaches maigres, de mépris et d’incompréhension, les voici en route vers la gloire, les succès, les honneurs !

Nos bruts et singuliers font, eux, tout à l’envers ! Il y a autant de femmes que d’hommes si ce n’est plus. Ils naissent dans des milieux modestes, doivent gagner leur vie et vont créer tardivement. Leur œuvre, dans le meilleur des cas, n’est reconnue que de quelques uns. Au pire, elle est détruite et disparaît.

Du reste, ces œuvres quasi autistes, qui vivent d’abord de la passion du faire, ont elles d’autres fonctions sociales que celle d’être le ver dans le fruit ? Quant à moi, j’abandonne volontiers la pomme golden calibrée pour le moindre fruit sauvage à l’acide mais unique saveur, pour la baie inconnue à la couleur bâtarde, pour la poire tavelée et véreuse de surcroît, échappée au sécateur d’espaliers mortifères.

Art populaire, art savant : faux débat.

Eh !, quoi, vont rétorquer les belles âmes : Aloïse, Wölfli, Scottie Wilson, Louis Soutter ou même Maisonneuve – voyez la vente André Breton – se vendent très bien ! Permettez-moi de rétorquer qu’à côté des Picasso et consorts, les sommes sont dérisoires ! Et je ne parle pas d’un Boudin ou même d’un Bouguereau, d’un Meissonnier ou d’un Greuze ou du dernier orientaliste venu !

Je n’ai garde d’oublier l’art américain : le moindre Basquiat atteint des sommets devant lesquels un Paul Duhem n’existe même pas. La lecture de La Gazette de Drouot est ici édifiante.

Ainsi, à la question : « Mais qu’en est il aujourd’hui des positions anti-culturelles de Jean Dubuffet ? », une fois encore, je vais m’inscrire en faux contre tout ce que j’entends et se colporte aujourd’hui : « L’Art Brut est récupéré ! »

Eh bien, moi je réplique : « C’est bon signe ! » Car depuis le XIXe siècle et sans doute avant, l’art populaire a été copié par l’art savant et, d’un autre côté, l’art populaire à copié l’art savant. Qu’on en finisse une bonne fois pour toute avec ces opposition stériles d’intellectuels patentés. L’art populaire – avant l’ère de l’abrutissement politico-médiatique que nous voyons de nos jours – s’inspirait des dogmes officiels. Mais il les réinterprétait en fonction de son milieu. Surtout, il subvertissait les images, les gauchissait, introduisait des décalages, les chargeait d’autres valeurs, d’autres sensibilités… Il me plait d’identifier le singulier d’aujourd’hui au colporteur d’hier.

Que l’Art Brut soit parfois imprégné d’art officiel et académique est une probabilité ; que l’art dit singulier le soit aussi est une certitude. Qu’un nouvel académisme naisse d’une imitation de l’un et de l’autre, quoi de plus « normal » en somme ? Cette pureté des sources m’a du reste toujours semblé suspecte. Ce qui compte n’est-ce pas la déstabilisation du regard qu’une œuvre marginale entraîne ? Et pas seulement l’œuvre ! Car j’ai la faiblesse de croire que l’individu compte autant que l’œuvre. Voyez Podesta et tant d’autres parmi les classiques de l’Art Brut. Il y a des vies qui sont à elles seules des œuvres d’art : des hommes du commun qui par leur ouvrage retournent un destin en une destinée.

Inversement, n’oublions pas que c’est souvent par l’artiste officiel que l’Art Brut a montré le bout de son nez. C’est parce que Victor Hugo était ce poète reconnu, et populaire, que ses dessins fantastiques furent conservés. Ne peut on dire la même chose des dessins médiumniques de Victorien Sardou ? Ou des caricatures obsessionnelles du genevois Tœpffer ?

C’est le regard et la caution d’artistes comme Paul Klee ou Max Ernst qui peu à peu préparent le terrain et introduisent l’Art Brut. Comme ce sont d’autres regards savants, issus d’autres disciplines comme la psychanalyse, l’ethnologie qui gauchissent les perspectives traditionnelles.

Les insoumis de l’art

Comment faut-il alors qualifier ces créateurs d’un nouveau genre ? Ne sommes nous pas tout simplement devant la face encore occultée de l’art contemporain même si, ici encore, je récuse cette absence de toute dialectique qui nous sommerait de choisir entre un art ou un autre !

Ce qui fédère toutes ces énergies, c’est une volonté créatrice qui refuse tous les diktats de la mode, de l’arrivisme, des formes préconçues pour plaire. Pour ces raisons, je préfère parler des créateurs plutôt que des œuvres. Je les appelle les insoumis de l’art : ceux qui ont su dire non. Car l’insoumission, elle commence là : dire non à la facilité, à l’endoctrinement, au chemin tout tracé, à ce que tout le monde fait. Dire non au conformisme, aux préjugés, au regard de l’autre. Assumer sa différence quelque soit sa nature, avoir le courage de revenir aux fondamentaux, à la naïveté, à l’enfance, à l’immédiateté du sensible.

Une nouvelle fois je rejoins Jean Dubuffet avec son amour de l’homme du commun, c’est à dire la forte tête, la tête de cochon, le râleur, le contestataire, celui qui regimbe, rue dans les brancards, fait le saut de côté. L’insoumis c’est celui qui ne veut pas porter les armes, celui qui ne veut pas se battre contre d’autres hommes pour une injuste cause.

Pas de stérile provocation ici, pas de grands discours sur la révolution par l’art. Pas non plus, à l’inverse, de volonté de s’intégrer au marché officiel de la culture, mais de la subversion ! La vraie, la subversion silencieuse et sans frontière. La subversion d’un art qui ne dit pas son nom.

Mais qui se montre, qui s’expose même. Nouveau paradoxe qui déstabilise normes, canons et conventions !

Cette nouvelle internationale du rêve, dans le vent d’un Art Brut, c’est le cheval de Troie de l’art académique ou plus exactement de l’art de masse télévisuel qui en tient lieu. Chacun à son niveau participe en effet à cette démystification de notre monde frelaté tant il est vrai, comme le dit Frédéric Allamel, que la société spectaculaire « ne résiste guère à la théâtralisation de la vie quotidienne ainsi mise en scène par tous ces inventeurs de formes qui, en passant un jour à l’acte, deviennent eux-mêmes acteurs de leur propre destinée. » Nos nouveaux singuliers ne font rien moins que « reconstruire autour [d’eux] le monde qui en a bien besoin » pour paraphraser L’Architecture sauvage de Guy Debord.

On en conviendra sans peine, les occupants du cheval de Troie finissent par renverser les remparts des cités les plus arrogantes, comme les travailleurs de l’ombre, à force de saper tous les dogmatismes esthétiques, se retrouvent en pleine lumière. Nos Nosferatu de l’Art Brut peuvent-ils y résister ? Ces passagers clandestins qui apportent une peste salutaire aux institutions sclérosées ne vont-ils pas perdre tout pouvoir subversif du fait de leur exposition au grand jour ?

« Un peu de gracieuse pénombre sied aux œuvres d’art » disait Jean Dubuffet, lui qui aimait mieux « les diamants bruts, dans leur gangue. Et avec crapauds. »

Ce n’est pas à nous d’en (pré)juger, car tout vaut mieux qu’une création « bien sage, bien cosmétique, bien inoffensive, bien sérieuse et cérémonieuse. »

La subversion de l’Art Brut ne fait que commencer et elle est loin à mes yeux de s’institutionnaliser ou de s’édulcorer comme veulent nous le faire croire certains esprits chagrins.

Grand salut donc aux insoumis de l’art !

(Ce texte, avec des ajouts, a été publié dans la catalogue Le Pluriel des Singuliers, IV. Actes Sud, 2004)

Jean-François Maurice
Gazogène n°29-30

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