Revue de l'art brut, des créations singulières, de l'art populaire et des expressions marginales ou bizarres. Art outsider, hors-normes, singulier…

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Pierre Pascaud : Seules les tempêtes connaissent leurs noms

Seules les tempêtes connaissent leurs noms

Un conte de Pierre Pascaud

Une valise à la main, l’homme et la femme sont arrivés à l’aube, mystérieux fantômes vêtus d’une ample voilure blanche tenant du sari et de la djellaba. Ils glissaient silencieusement parmi les ombres de fin de nuit. Ils s’arrêtèrent sur la place. La nouvelle ne tarda pas à se faufiler de maisons en maisons. Bientôt presque tous les habitants entouraient les étranges visiteurs qui se tenaient immobiles, muets, leurs yeux bleus flottant à la surface d’un songe de source vive. Dans la foule, l’inquiétude fit bientôt place à la curiosité.

– Qui êtes-vous ? demanda le maire.
– Nous ne sommes que nous-mêmes, et seules les tempêtes connaissent nos noms.
– Ce sont peut-être des illuminés évadés d’un asile psychiatrique…, suggéra quelqu’un.
– Ou bien des sorciers…, avança un autre.
– En vérité, dirent d’une seule voix les visiteurs, nous étions jadis des imagiers de l’enfance, mais, maintenant que l’incendie menace même les plumiers, nous sommes devenus annonciateurs de purification et semeurs de division. Alors ils sortirent de leurs valises des pinceaux, ainsi que des pots de peinture, d’où s’envolèrent d’innombrables corbeaux qui se posèrent sur toutes les antennes de télévision.

Dessin de Pierre Pascaud

Illustration : Pierre Pascaud

– Voici venu, dit la femme, le temps d’agonie des écrans de turpitudes et de mensonges.
– Mais de quoi vous mêlez-vous ? grogna le maire.
– De l’authenticité ! répondit l’homme, en jetant dans l’azur les pinceaux qui n’en finissaient pas de surgir de sa valise, puis dessinaient dans le ciel de gigantesques champignons de brouillard.

C’est alors que la femme attira vers elle celui que le village appelait Agnus, à cause de son innocence angélique.
– Vous n’avez pas le droit de nous enlever cet enfant, protesta le maire. Bien qu’il soit faible d’esprit il ne nous en est pas moins utile pour nettoyer les caniveaux.

Sourds à ces propos réprobateurs, les visiteurs s’élevèrent dans l’air avec Agnus, qu’ils tenaient par la main, et que le vent habilla de feuilles d’or.

Bouche bée, les habitants ne disaient mot.
L’homme clama d’une voix puissante : « Il nous fallait absolument sauver l’homme authentique. c’était un ordre et une nécessité afin que le monde soit débarrassé de ses scories et que, de toutes les œuvres d’art, seuls soit sauvegardés les dessins inventés en secret avant la re-naissance. »

Brusquement une lueur intense souda les paupières des corrupteurs cupides, gribouillant leur vanité sur les estrades de foire, où grouillaient les gonocoques et les staphylocoques de leur lubricité. C’est alors, et alors seulement, que l’entrée des cavernes fut de nouveau gardée par des dragons.

Pierre Pascaud
Gazogène n°16

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Marie Espalieu : Le regard sensible des formes brutes

Marie Espalieu : Le regard sensible des formes brutes

Ce n’est pas rien, pour un anonyme de l’art, que de voir son œuvre naître sous le regard de Robert Doisneau : naître et reconnaître en quelque sorte ! Or, « L’objectif » de Robert Doisneau avait été si humain que, quarante ans plus tard, il n’avait pas altéré la naïve spontanéité de Marie Espalieu.

Marie Espalieu
Marie Espalieu

Au Nord du département du Lot, au dessus de Saint-Laurent-les-Tours nous sommes plus proche de l’atmosphère des « Bois-Noirs » de Robert Margerit que du chant des cigales du Quercy Blanc ! Après une route étroite entre les châtaigniers, à l’orée du village, se situe la ferme traditionnelle couverte d’ardoise où vit Marie Espalieu avec sa fille et l’un de ses fils. Tout pourrait être conforme à la dureté de la vie si, autour du puits-citerne, le visiteur surpris ne remarquait quelques animaux étrangement expressifs malgré les bois rudimentaires et les peintures grossières qui les composent.

Après avoir emprunté l’escalier de ciment et repéré les traces de peintures qui subsistent sur la façade on entre dans la grande pièce cuisine et lieu à manger. La vieille cheminée est toujours là, elle abrite seulement maintenant la cuisinière.

Marie Espalieu, malgré ses difficultés pour se déplacer, est venue à ma rencontre. Pour me saluer elle est debout, arc-boutée, les mains noueuses en appui sur la grande table centrale recouverte de toile cirée. Tout me semble familier : le décor, les odeurs, les personnes… Je suis toujours ce petit garçon dans la ferme de mon grand-Oncle Maurice, cet enfant qui écarte les poules tandis qu’il porte la soupe à la Tante Anna dans sa cahute voisine, ce gamin qui porte les bidons de lait dans la vacherie…
Ce monde des petits, des humbles, des humiliés, ce monde de la ferme, de la terre, des gagne-petits, ce monde qui survit, qui souffre et lutte en silence, j’en suis. Je le revendique pour mien. Et pourtant : « C’est le Monsieur de Cahors qui vient ! » ; telle est la phrase rituelle qui accompagne mon entrée en ces lieux. Ainsi j’ai trahi, mes origines, mon milieu, ma « classe ». À quel moment ai-je basculé ? Ai-je insensiblement glissé ? Qui peut me le dire ? Quand le p’tit gas est-il devenu un Monsieur ? Formuler ainsi la question c’est déjà avouer sa défaite.

Il ne me resterait que ce lien tenu de la création Brute, cet art qui défie les normes, qui échappe au langage. Alors regardons les sculptures de Marie Espalieu, longues formes humaines découpées dans des croûtes de pin, hâtivement colorées, affublées de membres filiformes grossièrement cloués. Les regards en sont insondables comme les yeux clos des personnages d’Aloïse ou ceux des statues mutilées de l’Île de Pâques. Et puis voici toute la faune des animaux domestique s et sauvages, vaste sarabande qui transforme la ferme de Marie Espalieu en une Arche de Noé merveilleuse. J’espère que de tels îlots survivront longtemps pour donner du sens à ce monde qui nous en prive.

Jean-François Maurice
Gazogène
n°16


Pierre Pascaud : « Les vagabonds du maléfice »

Les vagabonds du maléfice

Conte et dessins de Pierre Pascaud

Pierre-PASCAUD-salamandre

Il allait de guingois à travers toutes les bourrasques, pure canaille qu’il était, avec deux fois plus d’os que de lard, pataugeant dans la boue des marais et mâchouillant des chardons bleus. On imagine pas tous les méfaits qu’il commettait, ce coureur de halliers.

Lui tout seul, on n’aurait trop rien dit ; mais il y avait ses protecteurs complices en malfaisances : le gypaète barbu et le ziguoverminus qu’il avait apprivoisés. Ces trois chenapans étaient soudés étroit par soif de scélératesses plus calamiteuses les unes que les autres. Ils s’y connaissaient en science maléfique, allant tapi tapinois jusqu’à piller les poulaillers, arracher les vignes, se vautrer dans les belles moissons… Et tout ça en hypocrisie totale, question d’emmerder le monde.

Pierre PASCAUD : « Les Trois Compères»,

Pierre PASCAUD

C’était bien une sale engeance à capturer pleine lune. Ni vu ni connu. Encore fallait-il les attraper, le rapace par une aile, le zigue par la queue et le quasi squelette par un tibia. Mais quoi en faire, après, de ces pourritures? Une fricassée, des rillettes, un pot-au-feu ?… Impossible à envisager tellement ils avaient mangé de champignons vénéneux et de vipères, absorbé de pluies acides et de vapeurs d’abîmes.

Pierre-PASCAUD-oiseau

Finalement, on les a laissé faire leurs conneries de droite et gauche, secouer leurs puces dans les chemins du diable Vauvert et frotter leur crasse contre les écorces.

Faut dire aussi que – et chacun le savait – les approcher trop près eût été le pire défi lancé à une mort ignominieuse, vu leur puanteur de purin et de soufre.
Surtout de soufre.

Pierre Pascaud
Gazogène n°14-15


L’œuvre au noir de l’abbé Bachié

L’œuvre au noir de l’abbé Bachié

C’ÉTAIT, D’APRÈS LES TÉMOIGNAGES QUE J’AI PU RECUEILLIR, UN PERSONNAGE DE PETITE TAILLE, AU VISAGE ROND, PLUTÔT SOURIANT CAR D’UN NATUREL ENJOUÉ, JOVIAL…

ON PEUT PENSER QUE – DANS LE MEILLEUR DES CAS – LA LECTURE DU BRÉVIAIRE N’EMPÊCHAIT PAS LE BON CURÉ DE JETER AUTOUR DE LUI DES REGARDS PERSPICACES CAR PENDANT PRÈS DE TRENTE ANS, IL A RAMASSÉ AU COURS DE SES PROMENADES DES CENTAINES ET DES CENTAINES DE RACINES, SARMENTS, BRANCHAGES ET MORCEAUX DE BOIS DE TOUTES DIMENSIONS…

PUIS, L’ABBÉ BACHIÉ RETOUCHAIT CES BOIS TROUVÉS DE LA FAÇON LA PLUS MINIME POSSIBLE, DONNANT PARFOIS QUELQUES COUPS DE PEINTURE SOUVENT NOIRE… PENDANT PRÈS DE TRENTE ANS, IL A AINSI SCULPTÉ ET REHAUSSÉ CES PETITES STATUETTES AINSI COMPOSÉES. IL LES A ACCUMULÉES DANS UNE PIÈCE DE SON PRESBYTÈRE SANS QUE PERSONNE NE SOIT AU COURANT, NI À PLUS FORTE RAISON. N’Y PÉNÈTRE ! C’EST SEULEMENT AU MOMENT DE PRENDRE SA RETRAITE, LORS DU DÉMÉNAGEMENT QUE L’ON DÉCOUVRIT CETTE ACTIVITÉ.

ON EN TIRA DE PLEINS CARTONS.

UNE PETITE EXPOSITION FUT ORGANISÉE. CE FUT UNE GRANDE JOIE POUR L’ABBÉ BACHIER QUI, LE JOUR DU VERNISSAGE, ALLAIT DE GROUPE EN GROUPE, EXPLIQUANT OÙ IL AVAIT TROUVÉ CHAQUE MORCEAU DE BOIS, FORÊT DE LA GRÉSINE, BRAHAUNIE… EN QUELLES CIRCONSTANCES, RETRAÇANT LA GÉNÉALOGIE DE SES CRÉATIONS… JOIE INTENSE SANS DOUTE, JOIE ULTIME : MOINS D’UN AN PLUS TARD, EN 1991, IL DÉCÉDAIT.

IL PRÉSENTAIT LUI-MÊME AINSI, SUR UNE MODESTE FEUILLE VOLANTE, SON TRAVAIL :
« QU’ÊTES-VOUS VENUS VOIR ?
DES BRANCHES, DES RACINES, DES VIEILLES ET DES TORDUES, DES FÉTUS QUE LES HOMMES REPOUSSENT DU PIED OU RAMASSENT AVEC DES FOURCHES, POUR LE FEU OU POUR DES TAS QUI POURRIRONT.
ET POURTANT : CES BRANCHES DONT PERSONNE NE VEUT, CES LIERRES TORS, CES GENIÈVRES TORTURÉS,CES RACINES SQUELETTIQUES, LOURDES, LA NATURE LES A AIMÉS ET, À SA MANIÈRE DRÔLE ET FANTAISISTE, LEUR A CISELÉ UNE FORME, PRESQUE DONNÉ UN LANGAGE.
SEULEMENT : LA NATURE EST SIMPLE ET PERSONNELLE, ELLE A SON ART ET SON IMAGINATION, ELLE NE CONNAIT PAS LES MODÈLES STANDARD.
ET SON CŒUR…C’EST LE CISEAU DU TEMPS QUI FAÇONNE,
ET SA PARURE… C’EST LA PALETTE DU SOLEIL QUI LA FIGNOLE,
ET SON SECRET… C’EST LE CŒUR DE L’HOMME QUI LE CHERCHE.
LA FANTAISIE GÉNIALE DE LA NATURE, LA FOLLE DU LOGIS DES HOMMES,
QUAND ELLES SE RENCONTRENT ET S’ENTRAIDENT FONT DE CES BRANCHES MORTES DES RAMURES VIVANTES, DANS UNE CRÉATION SANS LIMITE.

À TRAVERS LE CŒUR DE CES BRINDILLES JONGLE L’IMAGINATION INFINIE DE L’ARCHITECTE ÉTERNEL QUI A FAÇONNÉ LE CŒUR DES HOMMES.

G. B. PRÊTRE »

VOYONS DONC D’UN PEU PLUS PRÈS CETTE CRÉATION.

EN PREMIER LIEU, SON BESTIAIRE : VOICI LE LÉVRIER TIMIDE ET SOUMIS COMME EN ATTENTE DU COUP POUR LE BATTRE, LE BASSET PLAINTIF IMPLORANT LA CARESSE QU’IL NE RECEVRA JAMAIS, LE CHIEN CRAINTIF ou LE CANICHE À DEMI TONDU ET… À TÊTE HUMAINE ! VOILÀ LE LOUP À LA FANTASTIQUE EXPRESSIVITÉ, TORTURÉ, HURLANT,PITOYABLE, BROYÉ PAR UNE MAIN INVISIBLE, LOUP QUI NOUS FAIT PENSER IMMANQUABLEMENT À CELUI DE GIACOMETTI.

MAIS CE BESTIAIRE SEMBLE ILLIMITÉ : OISEAUX RÉELS OU MERVEILLEUX ; OURS, CHÈVRES, ESCARGOTS, SERPENTS… TOUTES CES REPRÉSENTATIONS, MÊME LES PLUS CONFORMISTES, DÉGAGENT UNE AURA PLUS OU MOINS MYSTÉRIEUSE… QUI VA SE RÉVÉLER ENCORE PLUS CLAIREMENT DANS LES FIGURINES ANTHROPOMORPHES.

REGARDONS PAR EXEMPLE ATTENTIVEMENT LA SCULPTURE INTITULÉE « JE PENSE… » -ET QUEL RAPPORT ENTRE CE TITRE ET L’ŒUVRE ? ELLE REPRÉSENTE UN ÊTRE HYBRIDE À CHAPEAU, BARBE NOIRE, TENANT SA MAIN GAUCHE SUR UN TRONC QUI RESSEMBLE ÉTRANGEMENT À UN BILLOT. CE PERSONNAGE EXHIBE UNE POITRINE BIEN FÉMININE ; IL EST MONTÉ SUR DEUX LONGUES JAMBES D’ÉCHALAS TERMINÉES PAR DES SABOTS DE BOUC OU BIEN DE CHÈVRE…

AINSI CETTE FIGURE À PREMIÈRE VUE ANODINE DEVIENT PEU À PEU FAUNE, OU SILÈNE ISSU DE QUELQUE SOCRATIQUE BANQUET, HERMAPHRODITE ÉCHAPPÉ D’UNE ANTIQUE FRESQUE GROTESQUE IMITÉE DE PÉTRONE…

ON RETROUVE LE MÊME PROCÉDÉ – APPARENCE ANODINE, RÉALITÉ INQUIÉTANTE – AVEC LA PETITE SCULPTURE INTITULÉE « LA PAUSE » : UN PERSONNAGE MASCULIN, FILIFORME, EST À DEMI ASSIS, UNE BOUTEILLE PRÈS DE LUI… MAIS IL CONTINUE À MAINTENIR EN ÉQUILIBRE SUR SA TÊTE UN RÉCIPIENT AU POINT QUE L’ON SE DEMANDE SI UNE VÉRITABLE « PAUSE » EST BIEN POSSIBLE ET S’Il NE S’AGIT PAS D’UN SUPPLICE DE TANTALE D’UN NOUVEAU GENRE.

VOYEZ CE « SUSPENS », PERSONNAGE SUSPENDU À L’EXPRESSIONNISTE ET EFFRAYANT VISAGE. QUELLE TORTURE NE SUBIT-IL PAS, À QUELLE FOURCHE PATIBULAIRE N’EST-IL PAS ATTACHÉ, VERS QUEL GOUFFRE NE SE VOIT-IL PAS TOMBER DE FAÇON IMMINENTE, EST-CE LE BON OU LE MAUVAIS LARRON ?

CE THÉÂTRE DE LA VIOLENCE, DE LA CRUAUTÉ ET DE LA MORT TROUVE UNE SORTE D’ACCOMPLISSEMENT AVEC LE GROUPE DE « LA DÉCOLLATION » : LE BOURREAU DOMINANT DE TOUTE SA LONGILIGNE : HAUTEUR SA VICTIME EFFONDRÉE ET TORDUE À SES PIEDS. UN POIGNARD TRAÎNE SUR LE SOL… AJOUTONS QUE PAR UN HABILE MONTAGE, LA TÊTE DU VAINCU POUVAIT SE DÉTACHER À LA GUISE DU SPECTATEUR… QUELLE OBSCURE ET INAVOUABLE DUALITÉ HANTAIT DONC LES COURTES NUITS DE L’ABBÉ BACHIÉ ; OU, COMPTE TENU DE L’AMBIVALENCE DES FORMES, QUELLE NOUVELLE JUDITH ?

CAR ON SENT PARFOIS TRÈS NETTEMENT QUE LE BON ABBÉ BACHIÉ A LUTTÉ CONTRE L’ÉMERGENCE DE CE FOND NOIR FAIT, SANS AUCUN DOUTE, D’ANGOISSE, D’HORREUR, DE VIOLENCE ET DE SADISME !

CETTE VISION CRUELLE DU MONDE ET DE LA NATURE, CETTE PRÉSENCE SATANIQUE ET DIABOLIQUE AU CŒUR DES CHOSES, L’ABBÉ BACHIÉ TENTE D’EN PERVERTIR L’EFFET PAR L’INTRODUCTION DE LA DÉRISION ET DE L’HUMOUR. CET ART DE LA PIROUETTE ET DE LA DISTANCIATION IRONIQUE, CETTE VOLONTÉ D’AJOUTER UN DÉTAIL FAUSSEMENT NAÏF NE FAIT EN RÉALITÉ QUE RENFORCER LE MALAISE DU SPECTATEUR ATTENTIF.PRENONS À TITRE D’EXEMPLE CE SERPENT BOA À L’AMUSANTE FIGURE AUQUEL A ÉTÉ ATTRIBUÉ UN PIED À DOIGTS DU GENRE MARTIEN. CE FANTASTIQUE DE BAZAR, TRÈS CONFORMISTE, PRÊTE À SOURIRE… JUSQU’À CE QUE L’ON REMARQUE UNE FORME ARC-BOUTÉE SUR LE SOL : UN CORPS À MAIN HUMAINE ET À PIEDS DE BOUC !
VOYEZ AUSSI CE « BOUTE-FEU », GENTIL LUTIN VITE TRANSFORMÉ EN GNOME INCENDIAIRE ET MENAÇANT.

N’AYONS GARDE D’OUBLIER CETTE ANECDOTE SIGNIFICATIVE QUE L’ON M’A RACONTÉ : LE JOUR DE SA SEULE ET UNIQUE PRÉSENTATION AU PU8LIC, L’ABBÉ BACHIÉ N’AVAIT PAS HÉSITÉ À MONTRER DES SCULPTURES·REPRÉSENTANT DES FEMMES NUES… AU GRAND DAM DE CERTAINES PAROISSIENNES QUI N’EN CROYAIENT PAS LEURS YEUX ! ! !

J’AVOUE QUE JE DONNERAI CHER POUR VOIR LES DITES STATUETTES CAR IL EST FORT PROBABLE QU’ELLES ÉTAIENT PLUS COMPLEXES ET PLUS CHARGÉES DE SYMBOLES QUE DE SIMPLES NUS FÉMININS…

MAIS OÙ SONT ELLES AUJOURD’HUI AINSI QUE LE CONTENU DES CAISSES DU DÉMÉNAGEMENT ? QUE CONTENAIENT ET OÙ SONT LES NOMBREUX CAHIERS RÉDIGÉS PAR L’ABBÉ BACHIÉ DONT L’EXISTENCE EST ATTESTÉE PAR UN TÉMOIGNAGE ORAL IRRÉFUTABLE ? ESPÉRONS QUE CONTRAIREMENT AU MOBILIER ET AUX SCULPTURES D’UN AUTRE ABBÉ, PASSÉ CEPENDANT À LA POSTÉRITÉ, L’ABBÉ FOURRÉ DE ROTHÉNEUF, TOUS CES TÉMOIGNAGES NE DISPARAISSENT PAS !

CAR C’EST UNE ŒUVRE ÉTRANGE : SORTE D’EXORCISME RÉVÉLATEUR D’UNE VIE INTÉRIEURE TOURMENTÉE, HANTÉE PAR LE MAL, MAL INHÉRENT À LA NATURE QUI EXSUDE ELLE-MÊME CES FORMES ANTHROPOMORPHIQUES OU ZOOLOGIQUES.

UN REGARD ACÉRÉ, QUELQUES COUPS DE CANIF, UN SOUPÇON DE PEINTURE DÉLAVÉE ET TOUTE LA MISÈRE DU MONDE, TOUTES SES TURPITUDES, SURGISSENT.

TRENTE ANS SANS RIEN MONTRER. TRENTE ANS SANS QUE QUICONQUE N’AIT VENT DE CE MYSTÉRIEUX ET NOCTURNE TRAVAIL.

ÉTAIT-CE LE PRIX À PAYER POUR ÊTRE AUX YEUX DE TOUS LE BON ABBÉ DE GRAMAT ?

Jean-François Maurice
Gazogène n°04


Pascal Labadie, alias Scalpa

C.H.A.N.T.I.E.R


IL SUFFIT D’UN RIEN POUR PASSER DE L’AUTRE CÔTÉ DU MIROIR, OU POUR PASSER À CÔTÉ.

C’EST PAR HASARD QUE J’AI RENCONTRÉ « SCALPA » EN VOYANT UN ÉTRANGE ET SINGULIER JOUET EN BOIS DANS LA VITRINE D’UNE NON MOINS CURIEUSE BOUTIQUE À L’ENSEIGNE DU « CHARIOT DE NOÉ ». NE LA CHERCHEZ PLUS, MÊME SUR MINITEL, ELLE A AUJOURD’HUI DISPARU.

À CE JOUR, PASCAL LABADIE ALIAS « SCALPA » EST CHAUFFEUR ET FAIT DES STAGES DE MAÇONNERIE, COMME COFFREUR, À L’A.F.P.A. DE TOULOUSE…

AU DÉPART SON ITINÉRAIRE SEMBLAIT TOUT TRACÉ. NÉ À TOURS IL A UN PEU PLUS D’UNE QUARANTAINE D’ANNÉES DANS UN ENVIRONNEMENT CULTUREL DE CHOIX – SON GRAND-PÈRE ET SON PÈRE ÉTAIENT DES ARCHITECTES CONNUS – S’IL NE FAIT AUCUNE ÉCOLE D’ART, IL POURSUIT CE QUI AURAIT PU ÊTRE UNE CARRIÈRE DE PLASTICIEN ET/OU DE GALERISTE, VOIRE D’ORGANISATEUR D’EXPOSITIONS. CEPENDANT LES CHOSES SE DÉROULERONT DE FAÇON BIEN DIFFÉRENTES ! LE CHEMIN TOUT TRACÉ, CE N’ÉTAIT PAS POUR LUI.

PARALLÈLEMENT À UNE VIE PERSONNELLE CHAOTIQUE, IL S’ÉLOIGNERA DE L’ART OFFICIEL. PETIT À PETIT SES CRÉATIONS DÉRIVERONT – COMME UN REFUGE ? – VERS UN MONDE PRIMITIF AUX COULEURS ÉLÉMENTAIRES, JAUNE, BLEU, ROUGE ET AUX FORMES LES PLUS ARCHAÏQUES. DE SURCROIT, LES THÈMES SE RAPPROCHENT DE PLUS EN PLUS D’UN ART À L’ÉTAT FRUSTRE : SIGNES ÉLÉMENTAIRES, SYMBOLES NAÏFS, PERSONNAGES SIMPLISTES À PEINE ESQUISSÉS, ANIMAUX ÉTRANGES ET INCONNUS, MASQUES AUX ORIGINES INDÉFINISSABLES… AU POINT CEPENDANT QUE TOUT CELA NE FINISSE PAR FORMER UNE GRANDE FAMILLE DONT LES FORMES SE RETROUVENT DE TABLEAU EN TABLEAU AVEC DES PARENTÉS, DES FILIATIONS, DES RESSEMBLANCES… UNE TRIBU, UN MONDE CRÉÉ DE TOUTES PIÈCES COMME CONTREPOIDS À UNE SITUATION MATÉRIELLE ET AFFECTIVE DE PLUS EN PLUS PRÉCAIRE.

MALGRÉ CELA, UNE DIMENSION LUDIQUE N’EST JAMAIS ABSENTE DE CETTE « ARCHE DE NOÉ » DE LA CRÉATION/RÉ-CRÉATION. SES « ŒUVRES-JOUETS » ET « OBJOUETS » TROUVERONT LEUR CONSÉCRATION AVEC L’EXPOSITION D’UNE SÉRIE D’ŒUVRES MUSICALES : LE SPECTATEUR ÉTAIT CONVIÉ À DEVENIR ACTEUR EN SOUFFLANT, FRAPPANT, TAPANT, TIRANT, LANÇANT BREF ANIMANT LES DITES « BOITES-MUSICALES » QUI ÉTAIENT POURTANT COMME AUTANT DE PETITS TABLEAUX OU DE PETITES SCÈNES.

Pascal Labadie : Scalpa
Le monde de SCALPA, C.H.A.N.T.I.E.R…
MAIS POUR « SCALPA » LA CRÉATION ÉPOUSE TOUTES LES VICISSITUDES DE LA VIE : INSCRIT EN STAGE DE FORMATION DE COFFREUR EN BÂTIMENT IL CRÉE ET S’EXPOSE SUR LES LIEUX MÊMES DE L’A.F.P.A. DE TOULOUSE, ET IL ENTRAINE DANS CETTE AVENTURE LES AUTRES STAGIAIRES DE SON GROUPE. C’EST UNE AUTRE TRIBU QUI S’EXHIBE : « C.H.A.N.T.I.E.R. », SOUS L’ÉGIDE D’ UNE FORMULE NOUVELLE, IRONIQUE ET PROVOCATRICE : « L’ART BRUSK » !!! « SCALPA » VA Y CRÉER UN MONDE À PART, DE TOUTES PIÈCES, AUSSI INSOLITE QUE DÉRISOIRE ET SURTOUT ÉPHÉMÈRES IL VA EN EFFET CRÉER, UTILISER, EXPLOITER ET EXPOSER DANS LES CONSTRUCTIONS FAITES PAR LES STAGIAIRES, VÉRITABLE VILLAGE GRANDEUR NATURE,  ET DESTINÉ A ÊTRE DÉTRUIT À LA FIN DE CHAQUE STAGE, POUR ÊTRE RECOMMENCÉ DE NOUVEAU PAR D’AUTRES…

QUEL NOUVEAU MONDE VA MAINTENANT FAIRE SURGIR « SCALPA » ? DANS QUEL ENVIRONNEMENT ET AVEC QUI ? QUELS VESTIGES PRIMITIFS VA-T-IL PORTER AU JOUR, À QUELLE CULTURE ARCHAÏQUE VA-T-IL NOUS FAIRE CROIRE ?

MAIS OÙ EST-IL AUJOURD’HUI ? VA-T-IL, COMME SI DE RIEN N’ÉTAIT, SONNER À NOTRE PORTE AVEC, SOUS, LE BRAS UN PAQUET DE PROJETS ? QUI SAIT ?

Jean-François Maurice
Gazogène n°03


Vers Onghi Ethorri

Monsieur X., Ongi Ethorri

Le Jardin de M. X., art singulier

ME VOILÀ REPARTI VERS LE JARDIN DE GABRIEL AU NORD-OUEST DE COGNAC. ARRIVÉ À BRIZAMBOURG, JE CHERCHE LA DIRECTION DE « CHEZ AUDEBERT », ET LÀ, COUP DE CHANCE OU DE THÉÂTRE, J’APERÇOIS UNE SÉRIE D’ANIMAUX, PLUS PARTICULIÈREMENT DES IBIS ROSES !

SANS FAÇON NOUS ÉCHANGEONS QUELQUES MOTS TANDIS QU’IL SE LIVRE À SES TRAVAUX CRÉATIFS TANDIS QUE LE SOIR TOMBE PEU À PEU. J’AIME SON FRANC PARLER-FAUBOURIEN, SA CASQUETTE À CARREAUX DONT ON RETROUVE DU RESTE L’ÉQUIVALENT SUR UNE STATUE À L’EXTÉRIEUR, STATUE QUI FORME COUPLE AVEC UNE FEMME À LA POITRINE NUE… MAIS DOS À LA ROUTE !

DE NOTRE CONVERSATION À BÂTONS ROMPUS, JE RETIENS CECI : «  GABRIEL, LUI, IL FAIT SURTOUT DANS LE PERSONNAGE, MOI, JE FAIS DANS L’ANIMAL ; CHACUN SON TRUC… QUAND ON N’EST PAS D’ICI, C’EST DUR DE SE FAIRE COMPRENDRE… » EN PRÉ-RETRAITE(?), CRITIQUE MAIS PAS AMER, « PLACE AUX JEUNES !… »,  J’AI CRU COMPRENDRE QU’IL AVAIT ÉTÉ OUVRIER MAÇON OU PLÂTRIER.

UNE PUDEUR QUE CERTAINS JUGERONT IDIOTE M’A EMPÊCHÉ D’ATTAQUER FAÇON JOURNALISTE LOCALIER : « NOM, ÂGE, QUALITÉ… » JE LAISSE À D’AUTRES LE SOINS DE FAIRE LEURS CHOUX GRAS DE CE SITE, AVANT MOI BIEN SÛR. IL N’Y A QUE LE DÉJÀ CONNU QUI NE POSE PAS DE PROBLÈMES !

J’AI ENSUITE ENCORE LE TEMPS D’ALLER CHEZ GABRIEL. LE SOIR EST QUASI TOMBÉ. LE CIEL EST ROUGE. DU BORD DE LA ROUTE, JE PRENDS QUELQUES PHOTOGRAPHIES. GABRIEL EST LÀ, MÊME SI JE NE LE VOIS PAS TOUT D’ABORD, MAIS JE SAIS QU’IL EST LÀ AU MILIEU DE SES STATUES QUI SORTENT DE L’OMBRE COMME AUTANT DE FANTÔMES, LUI-MÊME FANTÔME PARMI LES FANTÔMES…

ENCORE DES KILOMÈTRES ET ME VOICI ARRIVÉ CHEZ « NANOU ». LE WHISKY À LA MAIN, NOUS CONVERSONS DE CHOSES ET D’AUTRES… « NANOU » EN VIENT À ME RACONTER SA VISITE DE LA FOLIE RÉTHORÉ. ELLE ME RETROUVE ET ME MONTRE DES DIAPOSITIVES D’IL Y A FORT LONGTEMPS CAR ELLE A PARCOURU LES LIEUX DU VIVANT D’UN DES DEUX FRÈRES. ÉTAIT-CE ALPHONSE, ÉTAIT-CE RAYMOND ? ELLE SE SOUVIENT D’UN VIEIL HOMME AFFABLE…

LE LENDEMAIN MATIN, NOUS VOILÀ PARTI. EN ROUTE NOUS REPARLONS DE SOUVENIRS D’ENFANCE ET D’ADOLESCENCE.

FOURAS, LE FORT BOYARD, UNE REMONTÉE DE LA,CHARENTE, LA VIEILLE ÉQUIPE DE L’ÎLE D’AIX, LES SITUATIONNISTES À BORDEAUX… IL PLEUT DES CORDES. ET IL PLEUT ENCORE QUAND NOUS ARRIVONS À LA FROMENTINE, DES TROMBES ! SUR LE BATEAU, HEUREUSEMENT, LE CIEL S’ÉCLAIRE. ARRIVÉ SUR L’ÎLE D’YEU, NOUS CHERCHONS… UN RESTAURANT ! À CETTE ÉPOQUE DE L’ANNÉE, RIEN N’EST OUVERT SUR LE PORT. ENFIN, DANS UN LIEU PLUS RECULÉ, NOUS TROUVONS UN RESTAURANT DONT LA SALLE EST AU PREMIER ÉTAGE, FRÉQUENTÉ CE DIMANCHE PAR DES HABITANTS DE L’ÎLE ET DES ANGLAIS… CE QUI NOUS SEMBLE BON SIGNE ! EFFECTIVEMENT NOUS NE SERONS PAS DÉÇUS !

DEUX BOUTEILLES DE BLANC APRÈS, NOUS APPELONS UN TAXI, AU DIABLE L’AVARICE ! HÉLAS, TROIS FOIS HÉLAS ! LE SITE DE ONGI ETHORRI EST QUASI DÉSERT…

SON CRÉATEUR VIENT EN EFFET DE RENTRER POUR L’HIVER LA PLUPART DES ŒUVRES QUI SONT EN BOIS PEINT…

IL NE RESTE QUE LES CONSTRUCTIONS EN CIMENT ET AUTRES CRÉATIONS FIXES. DE PLUS, COMBLE DE MALCHANCE, L’INVENTIF CRÉATEUR DE CE SITE TOUT EN LONGUEUR EST PARTI POUR LA TOUSSAINT AU PAYS BASQUE DONT IL EST ORIGINAIRE. NOUS DISCUTONS CEPENDANT AVEC SA FEMME ET LUI DONNONS UN NUMÉRO DE LA REVUE CRÉATION FRANCHE POUR PRENDRE DATE ET RENDEZ-VOUS « À PLUS TARD ».

ONGI ETHORRI
Le site de ONGI ETHORRI

DE RETOUR À PIEDS VERS LE PORT, NOUS FAISONS QUELQUES PHOTOGRAPHIES DE BOITES À LETTRE PARTICULIÈREMENT AMUSANTES, AINSI QUE LE JARDIN CLOS D’UNE MAISON : LES CASIERS QUI MANIFESTE UNE VELLÉITÉ CRÉATRICE ASSEZ DÉVELOPPÉE… RETOUR AU BATEAU PUIS SUR LE CONTINENT, PUIS SUR SATNT-LAURENT-DE-LA-PRÉE, POUR S’Y GAVER D’HUÎTRES DE NOUVEAU. ET MÊME LA PLUIE A CESSÉ !

NOUS DISCUTONS DE CE PROJET QU’A NANOU DE FAIRE UN ALBUM-PHOTOS DE MAISONS DE BAINS DE MER À FOURAS, AVANT QUE LA FOLIE DES PROMOTEURS NE DÉTRUISE TOUT CELA. ELLE A DÉJÀ COMMENCÉ SUR LE FRONT DE MER EN DÉNATURANT LA PLACE CARNOT ET SES BARAQUES FORAINES…

ET C’EST LE RETOUR VERS CAHORS.

TOUT EN ROULANT ME REVIENT CETTE IMAGE : AU « CAFÉ DE LA MARINE », ATTABLÉ AU SOLEIL SUR LE TROTTOIR, BUVANT MON BLANC « SECCHASSIRON » FRAIS À SOUHAIT, J’AI DEVANT MOI LA PETITE HALLE AUX POISSONS, BALTARD MINIATURE, OÙ L’OSTRÉICULTEUR DE LA FUMÉE M’OUVRE MES HUÎTRES… CETTE IMAGE NE SERA PLUS Q’UN SONGE, BIENTÔT. DANS LE PORT, IL NE RESTE PRATIQUEMENT PLUS DE CES BATEAUX POUR LA PÊCHE CÔTIÈRE LOCALE (IL Y A DES PRIMES À LEUR DESTRUCTION, ARRACHAGE DE QUILLE !) ET L’INTERDICTION DE LA PÊCHE AUX CARRELETS ARRIVE. ADIEU « CHAUDRÉE FOURASINE » ! ! ! QU’ON NE VOIT PAS ICI UN PONCIF PASSÉISTE MAIS UN NOUVEL EXEMPLE DE DISPARITION DE LIBERTÉS QUI NE NUISAIENT À PERSONNE, BIEN AU CONTRAIRE, ET ENCORE MOINS À LA NATURE…

LE BON SENS POPULAIRE AURAIT-IL RAISON ? N’EST-CE PAS TOUT PRÈS DE CHEZ SOI QUE LE BONHEUR SE TROUVE ? EN TOUS LES CAS EN VOICI UNE NOUVELLE FOIS LA PREUVE :

SUR LE CHEMIN NOUVEAU D’UN TRAVAIL QUI NE L’ÉTAIT PAS MOINS – EH OUI, ON VIT DIFFICILEMENT DE PEINTURE ET DE LITTÉRATURE, SURTOUT SI, COMME POULAILLE, ON A FAIT SIENNE SA DEVISE DU REFUS DE PARVENIR – J’AI LA JOIE DE DÉCOUVRIR UN RAVISSANT PETIT JARDIN PAYSAGER BOISÉ, AVEC DES PIERRES ANTHROPOMORPHES PEINTES DE COULEURS VIVES, OU ALIGNÉES ET BLANCHES, AINSI QU’UN GRAND PANNEAU DE BOIS SUR LEQUEL ON PEUT LIRE UN APPEL AU RESPECT DE LA NATURE… LES ÉLÈVES DU LYCÉE AGRICOLE SITUÉ TOUT À CÔTÉ, LIEU-DIT « LACOSTE » PRÈS LE MONTAT, TROUVENT CELA COMPLÈTEMENT ABSURDE INUTILE ET LAID…

Jean-François Maurice
Gazogène n°03