Revue de l'art brut, des créations singulières, de l'art populaire et des expressions marginales ou bizarres. Art outsider, hors-normes, singulier…

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Liabeuf : les dessins de prison

Dessins de prison de Liabeuf : titre

LE PETIT COIN DE L’ÉRUDIT, SUITE …

On se souvient peut-être que le n°02 de Gazogène avait pris comme thème « Les cordonniers créateurs ». Nous avions cité dans notre introduction le savetier Liabeuf – parmi d’autres anarchistes – pour faire un lien entre révolte Libertaire et création singulière.

Or, nous avons retrouvé dans l’ouvrage de Raymond Hesse, Les Criminels Peints par eux- mêmes (Paris, 1912), la reproduction des dessins – fort naïfs – exécutés par Liabeuf durant son procès et en prison.

Dessin de Liabeuf : "Cour d'Assises"Cour d’Assises, Liabeuf, dessin à l’encre

Signalons que Romi dans son ouvrage sur « Les Maisons Closes » avait consacré un chapitre aux « Arts Populaires ». Il y écrit : « Les maîtres primitifs et les peintres du Dimanche, à l’abri des procédés conventionnels et des règles de la perspective, sont des poètes à l’état pur ; les meurtriers et les cambrioleurs qui se mettent à peindre en prison rejoignent les primitifs par l’ingéniosité de leur dessin beaucoup plus que par la poésie de leur inspiration »…

"Le Rêve", Liabeuf, dessin à l'encre,
Liabeuf, Le Rêve, dessin à l’encre

Jean-François Maurice
Gazogène n°10

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Jacques Trovic

En 1990, à Bègles, à l’exposition des « Jardiniers de la Mémoire », je suis tombé en arrêt devant une tapisserie de Jacques Trovic représentant l’intérieur d’une boutique de cordonnier. Rien de « naïf », au sens ordinaire du terme, dans cette composition mais au contraire un vécu à l’état brut.
Peinture de Jacques TrovicLe cordonnier, tapisserie de Jacques Trovic

Voici ce que disent de lui le Catalogue de la Neuve Invention et de la deuxième édition des « Jardiniers de la Mémoire » :

Naïf ?
Naïf d’aimer sa région et de croire en ses traditions.
Naïf de se satisfaire des images du passé, du bonheur du jour. Naïf, les tons vifs, les fils d’or, les laines cherchées sur les marchés, les vieilles robes pleines de lumière.
Naïf, les longues heures dans la cuisine, en compagnie de sa sœur, à coudre. Coudre les miettes de la vie pour se souvenir et pour plaire ; exister alors dans le plaisir suscité, grandir dans l’histoire racontée.
Naïf, lui qui nomme tout, n’élude rien. Coudre pour témoigner et perpétuer l’idée d’une illusion en forme de bonheur.
C’est vrai, pour Jacques Trovic, l’art est ce qui fait le « bien ». Il lui en procure et il en apporte aux autres qui le lui rendent par l’estime où il est tenu dans son pays.
Naïf, celui qui renoue avec la communauté des siens, dans les fêtes et les écoles, les liens brisés entre le public et les formes plastiques.
Naïf, la joie et le bonheur ?

Tant pis, soyons naïf…

Alain Avila
Gazogène n°2

Extrait d’un ouvrage consacré à Jacques Trovic et réalisé par les éditions AREA en 1988

Né à Anzin en 1948, Trovic vit avec sa mère et sa sœur dans une petite maison de mineur de la banlieue de Valenciennes. Il réalise sur la table de sa cuisine des tapisseries souvent de dimensions monumentales, faites de pièces rapportées sur un canevas. Il s’inspire des événements de sa vie quotidienne, de la vie urbaine ou paysanne, des fêles locales, etc. C’est un homme affable et généreux.


Gazogène N°2

N0 2

Aux va-nu-pieds de l’art.

Marcel Béalu.

André Roumieux, projet d’un Conservatoire du sabotier.

Jacques Trovic.

André Périer par Joe Ryczko.

Alain Pauzié.

Œillets rouges pour Jean Vodaine.

Enseignes et chefs-d’œuvre des sabotiers par Raymond Humbert.

Les Saboteurs de l’art par Bruno Montpied.

Découverte d’un Chaissac.

Extrait de Ma Route d’Aquitaine par Raymond Dumay.

Émile Ratier : photographies inédites de Froment.

Irials Vets par Claude & Clovis Prevost.

Recueil de vers patois composés par un cordonnier de Latronquière traduits par Annie Gérémie.

Jean Maureille.

Le Mausolée d’un cordonnier anarchiste.

Louis de Verdal.