Revue de l'art brut, des créations singulières, de l'art populaire et des expressions marginales ou bizarres. Art outsider, hors-normes, singulier…

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Froment : inédits

Textes inédits de  Froment

Voici maintenant quelques textes inédits de notre ami Froment. Peintre-paysan ? Écrivain-prolétarien ? Une chose est sûre : C’est un authentique autodidacte. 


Je suis né dans une famille prolétarienne à la limite du Département du Lot-Lot et Garonne.
Il n’y a qu’un pas à franchir pour prendre pied à la hauteur du Moulin à eau de Garigues !

C’est un peu plus tard, vers mes dix années que j’ai découvert le Lot avec les paysans et les paysannes.J’ai fréquenté alors le Département !
La vie paysanne m’a séduit.
Malgré mes longs voyages après les guerres en Catalogne, en Navarre, au Pays Basque…

Un jour de Novembre, j’ai trouvé une famille de paysans lotois ! L’assiette, le verre et la paille fraîche des moissons pour dormir. J’ai vécu plus d’une décennie près de ces braves gens !
Ils m’ont apporté beaucoup sur la vie, la nature, avec les paysages des saisons et le labeur de la paysannerie !

La terre, les routes blanches autrefois, les chemins, les sentes m’ont conduit vers les rencontres et une extrême richesse du ciel et de la terre.
Sans aucun doute, Jean Giono, avec Regain, avec Colline, avec Le Serpent d’Étoiles, avec Que Ma Joie demeure, avec Le Grand Troupeau, n’aurait point renié mon existence en Quercy ! J’ai marché de jour et de nuit sur les anciennes drailles des troupeaux ; j’ai marché des heures sur les pas de la vieille Marie du Pays !

Souvent j’ai écouté, et j’écoute, le vent du Sud… une vieille mélodie d’un pâtre, ici-par-là, une confidence, une prière au bon-Dieu.
Ce sont les âmes vivantes ou mortes ? Elles ont vécu ici ! Ils et elles ont laissé une sainte odeur de traditions de fêtes des fiançailles, des épousailles; mais aussi de regret… ils et elles ont aimé et pleuré d’une simple joie.

Froment : suite


Froment
Gazogène n°05

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Aux va-nu-pieds de l’art

À la mémoire de mon Arrière-Grand-Père, Joseph Chapusot, savetier à Liesle-sur-Doubs.

Aux va-nu-pieds de l'artAux va-nu-pieds de l’art

Cette deuxième livraison de Gazogène va suivre un fil qu’on peut trouver à priori étrange, voire saugrenu : La CHAUSSURE sous toutes ses formes ! Outre sans doute de freudiennes raisons, j’avais depuis longtemps remarqué un fait curieux touchant le mouvement révolutionnaire français : on y trouve un nombre très important de savetiers, cordonniers, sabotiers et autres bottiers sans compter les bouifs, les gnafs et quelques Gnafrons…

Et, de QUOI S’AGIT- IL EXACTEMENT’?

Certes, le nom de Lehautier, « petit cordonnier inspiré » selon André Salmon dans La Terreur Noire, n’évoque hélas plus rien, pas plus que Liabeuf, autre ouvrier-cordonnier, qui, injustement accusé, se venge en tuant un policier et en en blessant sept autres à coup de tranchet. Comme il est condamné à mort, le soir de son exécution des échauffourées éclatent. Bientôt, c’est l’émeute. À l’aube, 30.000 personnes selon la presse de l’époque se battent encore contre la police ! Le nom de Jean Grave, lui aussi cordonnier, propagandiste de l’Anarchie, devenu typographe, est- il plus connu ?

Mais, ET LA CRÉATION DANS TOUT CELA ?

Si nous citons Jean Giono, Louis Guilloux ou Jean Guéhénno, je peux supposer que mes lecteurs vont commencer à entrevoir ce lien entre la chaussure et la création ! Dans Jean Le Bleu, Giono a magnifiquement évoqué son père, carbonaro italien, cordonnier à Manosque, Louis Guilloux le sien dans La Maison du Peuple, révolutionnaire obstiné et tranquille, tout comme celui de Jean Guéhénno…

Jean-François Maurice
Gazogène
n°02