Revue de l'art brut, des créations singulières, de l'art populaire et des expressions marginales ou bizarres. Art outsider, hors-normes, singulier…

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Jacques Trovic

En 1990, à Bègles, à l’exposition des « Jardiniers de la Mémoire », je suis tombé en arrêt devant une tapisserie de Jacques Trovic représentant l’intérieur d’une boutique de cordonnier. Rien de « naïf », au sens ordinaire du terme, dans cette composition mais au contraire un vécu à l’état brut.
Peinture de Jacques TrovicLe cordonnier, tapisserie de Jacques Trovic

Voici ce que disent de lui le Catalogue de la Neuve Invention et de la deuxième édition des « Jardiniers de la Mémoire » :

Naïf ?
Naïf d’aimer sa région et de croire en ses traditions.
Naïf de se satisfaire des images du passé, du bonheur du jour. Naïf, les tons vifs, les fils d’or, les laines cherchées sur les marchés, les vieilles robes pleines de lumière.
Naïf, les longues heures dans la cuisine, en compagnie de sa sœur, à coudre. Coudre les miettes de la vie pour se souvenir et pour plaire ; exister alors dans le plaisir suscité, grandir dans l’histoire racontée.
Naïf, lui qui nomme tout, n’élude rien. Coudre pour témoigner et perpétuer l’idée d’une illusion en forme de bonheur.
C’est vrai, pour Jacques Trovic, l’art est ce qui fait le « bien ». Il lui en procure et il en apporte aux autres qui le lui rendent par l’estime où il est tenu dans son pays.
Naïf, celui qui renoue avec la communauté des siens, dans les fêtes et les écoles, les liens brisés entre le public et les formes plastiques.
Naïf, la joie et le bonheur ?

Tant pis, soyons naïf…

Alain Avila
Gazogène n°2

Extrait d’un ouvrage consacré à Jacques Trovic et réalisé par les éditions AREA en 1988

Né à Anzin en 1948, Trovic vit avec sa mère et sa sœur dans une petite maison de mineur de la banlieue de Valenciennes. Il réalise sur la table de sa cuisine des tapisseries souvent de dimensions monumentales, faites de pièces rapportées sur un canevas. Il s’inspire des événements de sa vie quotidienne, de la vie urbaine ou paysanne, des fêles locales, etc. C’est un homme affable et généreux.

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Jacques Martinez

Aucun amateur d’art singulier ne devrait négliger les Syndicats d’Initiatives. Car si la grande majorité des expositions qu’on peut y voir ne dépasse pas le niveau du macramé et de la peinture sur soie style troisième âge bien encadré, il arrive parfois pourtant qu’un véritable « franc-tireur » de la création s’y manifeste.

C’est ce qui s’est passé au printemps dernier, à Cahors, avec un certain Martinez.

Jacques Martinez
Jacques Martinez

Un certain Martinez

Né dans cette même ville en 1936, le voilà à l’âge de 17 ans, à la suite du décès accidentel de son pète, propulsé chef d’une entreprise de maçonnerie. Funeste événement et funeste responsabilité qui se traduiront par la faillite et les dettes mais, plus grave encore par ce qu’il faut bien appeler la perte de sa jeunesse.

Commencent alors des années de galère à Paris, toujours poursuivi par les échéances et les remboursements mais avec toujours une bonne dose d’humour et une certaine innocence permettant de dépasser la misère la plus noire.

Puis c’est le retour à Cahors.

Là, dans le sous-sol d’un pavillon Jacques Martinez va commencer à peindre en 1981, refaisant en toute naïveté l’itinéraire de la figuration à l’abstraction !

« Déconstruisant » la ville qu’il a sous les yeux il la recompose et la transpose dans son amoncellement de briques, de tuiles, de murs … pour le plus grand plaisir du spectateur. Il fallait entendre les réflexions durant cette mémorable exposition ! « C’est du Klee » disaient certains ; « C’est du Bissière »,  répondaient d’autres » ; « C’est cubiste » ; « Pas du tout, c’est du Naïf » … Mettons tout le monde d’accord : c’est du Martinez, un point c’est tout !

Peinture de Jacques Martinez

Ses ouvrages sont du reste exécutés avec la plus grande spontanéité et une totale liberté dans la composition sans aucune référence à d’autres artistes reconnus. Pour cette raison, Jacques Martinez utilise volontiers les pastels et les craies qui permettent une exécution immédiate comme la reprise ultérieure en fonction des moments disponibles. Face à cette œuvre importante tant par la qualité que par la quantité nous sommes une nouvelle fois confrontés avec un art spontané dont pourtant les subtilités et les trouvailles nous émerveillent.

Jean-François Maurice
Gazogène n°01

Le site de Jacques Martinez