Revue de l'art brut, des créations singulières, de l'art populaire et des expressions marginales ou bizarres. Art outsider, hors-normes, singulier…

PIERRE PASCAUD, MARC PESSIN :

L’AVENTURE QUOTIDIENNE

Pascaud, Pessin : l'aventure quotidienne

Pascaud, Pessin : l'aventure quotidienne

Je connais beaucoup de choses de la vie de Pierre Pascaud, de ces choses que je n’écrirai pas. Nous avons correspondu, téléphoné, échangé. J’ai suivi pas à pas l’élaboration de son œuvre, j’ai reproduction de tout ce qu’il a réalisé ou peu s’en faut.

Il m’a suivi, conseillé, épaulé dans la mise au point de différents Gazogène; j’ai en préparation quelques monographies dont il sera la tête de file… et je ne l’ai jamais VU !

Longtemps la même aventure m’a relié à Marc Pessin. J’ai même reçu le plus beau des cadeaux : une gravure tirée à 160 exemplaires pour servir de couverture à Gazogène. En vrai, j’ai reçu plus que cela: une généalogie qui me rattache à l’illustre Civilisation Pessinoise. Les recherches sont en cours pour identifier un Mauricius ( ?) sur un sceau pessinois malheureusement très altéré. Faut-il lier ce dernier à la gens du Rufus Mauricius dont l’acte très stoïcien est relaté dans le De Bello Gallico attribué à César ?

Mais quant à la personne même de Marc Pessin, aucun doute : lui, ainsi que sa famille, je l’ai rencontré.

Quoique qu’à vrai dire je n’ai sans doute rencontré qu’un des personnages composant vraisemblablement Marc Pessin, tour à tour graveur, inventeur, calligraphe, éditeur d’art, poète, épistolier infatigable, archéo-archéologue, archiviste, paléographe, sigillographe, expert phragiste… etc… En mille domaines le nom de Marc Pessin agit comme un « sésame » ! Aurait-il fait pour réaliser une œuvre si foisonnante, si insolite et pourtant si rigoureuse un pacte avec le diable ? Non, un pacte avec l’Homme, tout simplement ; avec, au-delà des différences, l’Humanité de l’Homme, celle de la création, de la tolérance, de l’amitié. Ce message est certainement celui que la Civilisation pessinoise nous transmet car nous sommes tous, nous devrions tous être, des « passeurs », transmetteurs d’une expérience unique, d’une existence singulière, qui fonde pourtant la destinée commune.

En ce moment précis, un homme, que je n’ai jamais vu, lutte sur son lit pour une goulée d’air qui permettra quelques traits de crayon, un peu d’encre de chine, un texte fantastique ? Un autre dans sa « crypte » écrit à quelque ami, déchiffre un texte obscur, ou limpide, ou sublime, prépare une gravure ou caresse une reliure ? Et moi, devant ma vieille machine à écrire, je pense à eux. Magie de cet art que l’on dit singulier, des correspondances que l’on croit secrètes, des affinités que l’on pense électives.

La vraie vie n’est pas « ailleurs ». Ce sont de telles relations· qui nous empêchent de douter totalement de l’homme et nous permettent de continuer d’espérer en l’amour, la poésie, la liberté.

Jean-François Maurice
Gazogène
n°16

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