Revue de l'art brut, des créations singulières, de l'art populaire et des expressions marginales ou bizarres. Art outsider, hors-normes, singulier…

Première exposition de Gaston mouly

La véritable première exposition de Gaston Mouly

par
Michel Zachariou (*)

J’ai rencontré pour la première fois Gaston Mouly en 1980. C’était un dimanche après-midi, son fils Gérard l’accompagnait. Je suppose qu’après un bon repas à Lherm, ces deux-là s’étaient mis en tête de venir me montrer le travail de Gaston. Le coffre de la Mercedes était plein de sculptures. En peu de temps je me trouvais au milieu d’une exposition. Gaston ayant compris mon intérêt déballait sous le regard un peu gêné de Gérard.

Ce jour-là il fallait regarder et écouter. Gaston expliquait tout, sa technique, son savoir-faire de maçon appliqué à ce nouveau travail. C’était vraiment très étonnant. Aucune des inquiétudes qui d’ordinaire taraudent les artistes n’effleurait sa pensée. Pour lui, le ciment il connaissait, donc ses sculptures étaient solides, bien faites, et elles racontaient des histoires. Des histoires qui n’appartenaient qu’à Gaston. Il était le seul à pouvoir les raconter.

Ce dimanche j’avais la chance d’assister sans doute à la première expo de Gaston. Il était heureux, il jubilait, ça se voyait à son regard, à sa façon de rire. C’était formidable. Et si de temps à autre il freinait ses élans pour faire le modeste, ce n’était que par convenance. En réalité, il était déjà sûr de lui. D’emblée, il était « du bâtiment »… (côté art brut). Plus tard quand j’ai vu ses dessins, j’ai été encore plus convaincu qu’il avait raison.

Je n’oublie pas que Gaston Mouly m’a formidablement aidé à la réalisation technique de Personnage au repos, au lycée de Souillac. La mise en œuvre de huit tonnes de béton (sculpture et moules compris) nécessitait un outillage et surtout un savoir-faire que je n’avais pas. Durant deux mois Gaston m’offrit ce travail, et l’hébergement en plus…

Michel Zachariou
Gazogène
n°21

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