Revue de l'art brut, des créations singulières, de l'art populaire et des expressions marginales ou bizarres. Art outsider, hors-normes, singulier…

Adam Nidzgorski

C’est à Bègles que j’ai rencontré pour la première fois Adam Nidzgorski. J’avais promis que nous en reparlerions (Cf. Gazogène n°05).

Adam Nidzgorski

par Jean-François Maurice

Adam Nidzgorski

Adam Nidzgorski

La boutade sur Dubuffet qui, voulant « peindre comme tout le monde » a fini par le faire « comme personne », pourait s’appliquer aussi à Adam Nidzgorski. Voyez ces visages, ces silhouettes : quelques traits, une ébauche, une esquisse, un presque rien … et pourtant le résultat est criant d’humanité.
« Un enfant ferait ça ». Eh certes ! Mais il y a belle lurette que les grands enfants que nous sommes ne le font plus !

La force des croquis d’Adam Nidzgorski vient de ce qu’ils montrent, avec évidence, avec bonheur oserais-je dire !, notre mal-vivre : d’un gribouillis sur un ticket de Métro surgit une face caricaturale qui peut être la nôtre, de lignes charbonneuses prend vie un corps pantelant… C’est simple, c’est très simple, si simple que l’on se demande bien pourquoi, à son tour, on ne deviendrait pas un nouvel homme du commun à l’ouvrage !

Il me semble cependant que cette épure d’humanité, cette simplicité essentielle, retrouve en son immédiateté le trait le plus rafiné comme celui d’une gravure de Joseph SIMA.

Adam Nidzgorski s’est fait le chroniqueur d’une étrange Comédie Humaine où nous sommes tous là, avec notre mal de vivre, boudinés dans des corps informes, avec nos regards ahuris ou vides… Fresque amusante et pathétique qui n’est insolite que parce qu’elle est trop proche de nous et qu’y gesticulent nos semblables, nos frères.

Mais laissons la parole à Adam Nidzgorski lui-même :

Jean-François Maurice
Gazogène n°09

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